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Baptisée herbe aux bisons, grand trèfle ou encore « alfalfa », la luzerne est l’une des plantes fourragères les plus cultivées dans le monde. On pourrait la confondre, au premier abord, avec le trèfle de nos pelouses, bien que la luzerne cultivée soit nettement plus grande : jusqu’à 70 cm de haut !
Comme le trèfle, ses feuilles sont formées de trois folioles tandis que ses fleurs, regroupées en grappes au bout de la tige, peuvent prendre toutes les teintes du violet foncé au blanc. Ses graines sont contenues dans des gousses noires et velues qui s’enroulent en hélice.
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Une plante très prisée durant l’Antiquité
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Alexandre le Grand aurait été impressionné par la beauté du bétail rencontré lors de l’une de ses conquêtes en Iran, dans la région de Médie.
Découvrant que ces paisibles animaux broutaient de la luzerne, il l’aurait baptisée « Mêdikê », du nom de cette riche région, ce qui donna le nom au genre « Medicago ». Quant aux Romains, ils l’appelèrent « Lucerna », qui signifie « lueur » en latin car elle représentait un espoir de développement.
Enfin, les Arabes nourrissaient leurs fougueux destriers avec de l’« Al-fac-facah » qui signifie « le père de tous les aliments ». C’est pourquoi aujourd’hui, on appelle encore la luzerne « alfalfa » dans les pays arabes et anglo-saxons.
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La luzerne, véritable usine à protéines
Les semis de luzerne sont généralement effectués de début juillet à mi-août et, plus rarement, au printemps.
La luzerne peut être semée seule – il s’agit de « luzernières » - ou en mélange avec d’autres plantes dans les prairies.
Plante vivace, elle est récoltée jusqu’à 7 années de suite sans nouveau semis.
Chaque année, 4 à 5 coupes sont réalisées, d’avril à octobre, ce qui en fait la plante qui fournit le plus de protéines à l’hectare : en France, l’agriculteur récolte sur de bonnes terres, entre 10 et 15 tonnes de matière sèche par hectare et par an, soit 2 à 3 tonnes de protéines !
La luzerne peut être pâturée par les animaux ou donnée sous forme de foin à la ferme. Elle peut aussi être transformée en granulés après avoir été déshydratée à haute température puis compactée pour être facilement transportée et conservée.
Une plante contre les excès de nitrates
La culture de luzerne ne nécessite pas d’engrais azotés. Cette plante peut utiliser aussi bien l’azote de l’air que les nitrates présents dans le sol pour s’alimenter en azote et fabriquer ses protéines. Elle limite en outre l’érosion des sols et constitue un excellent « piège à nitrates ». Son intérêt économique n’est pas négligeable : en cultivant du blé juste après de la luzerne, un agriculteur peut augmenter son rendement en céréales de 5% !
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Une bactérie bien utile !
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Si la luzerne peut utiliser l’azote de l’air pour produire ses propres protéines, c’est grâce à la présence d’une bactérie, Rhizobium meloloti, dans de petites boursouflures (les « nodosités ») de ses racines.
Cette faculté se retrouve chez toutes les plantes de la famille des légumineuses (pois, soja, lupin…). On dit que la luzerne vit en « symbiose » avec cette bactérie. Elle lui fournit de l’énergie en échange de l’azote.
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L’alimentation animale, de loin le premier débouché
La luzerne est avant tout consommée par les herbivores et peut représenter jusqu’à un tiers des matières premières employées dans leur alimentation.
Riche en pigments oranges, elle est aussi utilisée en France pour nourrir les volailles dont elle colore la chair et le jaune des œufs.
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Des extraits foliaires contre la malnutrition
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Plus de 50 000 personnes dans le monde consomment chaque jour des extraits foliaires de luzerne pour lutter contre la malnutrition. Grâce à sa richesse en protéines, en fer et en vitamines, une dose de 5 à 10 grammes par jour et par personne suffit à corriger certaines carences nutritionnelles… soit l’équivalent de moins de 10 euros par an.
Pour en savoir plus : www.nutrition-luzerne.org
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L’Europe manque de protéines végétales
La luzerne est la deuxième légumineuse cultivée dans le monde derrière le soja, avec près de 33 millions d’hectares. Présente à peu près sous toutes les latitudes, elle est plus particulièrement cultivée dans les zones au climat tempéré. Les Etats-Unis sont les premiers producteurs mondiaux de luzerne. En Europe, l’Espagne arrive en première position, devant la France qui en compte entre 600 000 et 700 000 hectares.
Forte de ses nombreuses installations de déshydratation, la Champagne-Ardenne est la première région productrice de l’Hexagone. Pourtant, si la France demeure un important producteur de luzerne, ses surfaces ont déjà reculé de près d’un million d’hectares en 40 ans du fait, notamment, d’une réglementation inadaptée.
Recul de la luzerne, augmentation de la demande en protéines
Parallèlement, l’Union européenne ne produit plus que 26% des protéines consommées par ses élevages. Le reste est couvert par des importations, principalement de soja en provenance du continent américain. Or, les besoins mondiaux en protéines continuent d’augmenter rapidement, notamment du fait du développement de la Chine.
Si rien ne change, l’Europe sera plus dépendante encore des fluctuations des cours du soja américain. C’est pourquoi, plus que jamais, l'Europe doit développer les cultures de plantes riches en protéines comme les protéagineux et la luzerne.
Provenance des MRP consommées dans l'UE à 25
